Une mobilisation pour un développement harmonieux des territoires

Réunis le 5 juin 2013 au Sénat pour inaugurer le club Objectif Bio dans le cadre de la Quinzaine du Printemps Bio, les coprésidents ont pu rappeler à l’ensemble des participants l’importance du développement de l’agriculture biologique pour répondre à des enjeux de société, dans le cadre d’une agriculture en mutation. Tous ont insisté sur la nécessité de ne pas opposer agriculture conventionnelle et agriculture biologique, soulignant que la transition de toute l’agriculture française doit être guidée par des modèles innovants tels que la bio.

Pour Didier Guillaume, vice-président du Sénat et président d’Objectif Bio, « l’agriculture connaît un tournant : réformes de la PAC, difficultés du secteur agricoles liées à la crise économique, Ambition Bio 2017 … la bio sera forcément au cœur de la politique agricole dans les années qui viennent.» Didier Guillaume rappelle que la bio est un secteur particulièrement dynamique qui contribue à l’excédent agricole de la balance commerciale, avec une progression en chiffre d’affaire de plus de 30% malgré une connaissance encore insuffisante des producteurs et des consommateurs.

En 2011, plus de 6 Français sur 10 déclarent consommer des produits bio au moins occasionnellement

L’objectif de ce club est de convaincre de l’intérêt économique, social et environnemental de l’agriculture biologique : la bio est un secteur rémunérateur, à l’apport social et environnemental évident, au cœur des trois piliers du développement durable

Dans le contexte d’une crise économique qui n’épargne pas l’agriculture, la bio peut sortir son épingle du jeu, changer d’échelle, en développant son tissu de PME à taille humaine et des pratiques agricoles respectueuses des principes. La bio est un secteur d’avenir dont le développement est d’intérêt national, et c’est aux responsables politiques et d’organisations d’acteurs de la bio qu’il appartient de porter ce message.

Catherine Quéré, députée de Poitou Charentes et vice-présidente du club, approuve : « Notre rôle en tant que parlementaires, c’est de travailler avec les différents ministères impliqués dans tous les projets de loi où l’on peut faire avancer l’agriculture biologique. » Sans être une panacée, le modèle de l’agriculture biologique est porteur de bonnes pratiques pouvant être généralisées. La répartition de la valeur ajoutée dans la production, la transformation, la distribution et la consommation, est notamment exemplaire en bio et doit être une source d’inspiration.

95 % des producteurs convertis à l’agriculture biologique adoptent définitivement ce système de production

Le député du Bas-Rhin et vice-président d’Objectif Bio Antoine Herth va dans le même sens : « De la même façon qu’en ce moment le gouvernement parle de transition énergétique, notre agriculture est confrontée à une transition des pratiques. » Le passage en bio est la continuation d’une démarche éthique, parfois entreprise de longue date,  dans la façon de commercialiser les produits. Les convictions qui mènent au passage au bio sont multiples, les positions clivantes ne servent pas la cause du bio.

Joël Labbé, sénateur du Morbihan et vice-président de la mission commune d’information sur les pesticides et leur impact sur la santé et l’environnement, se félicite de voir la bio rassembler des élus de tous horizons politiques. « Je crois en l’écologie politique, mais l’écologie n’est pas l’apanage de quelque parti que ce soit. Les parlementaires doivent fédérer leurs énergies pour faire avancer ensemble les pratiques agricoles. Nous sommes en situation d’urgence, tout le monde doit évoluer ».

Tout l’intérêt de l’agriculture biologique, c’est d’aller dans le sens de prix qui reflètent les externalités et les coûts écologiques, et d’avoir une vision d’ensemble sur les territoires de la République et plus largement l’alimentation mondiale.»

Les enjeux du développement de la bio ne se limitent pas à la France, souligne l’eurodéputée Corinne Lepage : « Collectivement, s’attaquer à la crise économique et financière implique de s’attaquer aux questions de santé ou d’environnement.

La directrice de l’Agence Bio, Elisabeth Mercier, se réjouit de l’initiative Objectif Bio : « Cette enceinte permet de structurer, d’anticiper et de faciliter la circulation d’information avec un esprit de transparence. » Une  information bien adapté au contexte d’évolution très rapide de la bio, dont le marché a doublé au cours des 5 dernières années.

Luc Maurer, conseiller du ministre Stéphane Le Foll en charge de l’agriculture biologique, partage cette vision territoriale : « Le premier enjeu de développement de la bio est économique. La consommation de produits bio se développe et n’est pas encore totalement couverte par l’offre française, et il y a également des possibilités à l’export. La bio c’est aussi de l’emploi dans les territoires. » Par ses bienfaits sociaux et environnementaux, la bio s’inscrit dans le projet ministériel d’agro-écologie et fait l’objet d’un plan de développement spécifique.

Le Plan Ambition Bio se distingue par sa construction participative, au niveau national mais aussi en région, qui pourrait aboutir à une articulation spontanée des différents échelons de gouvernance. C’est un projet interministériel, qui implique notamment les ministères de l’agriculture,  de l’environnement, de la santé, de l’éducation nationale et de l’économie sociale et solidaire.

Pour Bruno Rebelle, directeur de l’agence Transitions, le débat national sur la transition énergétique – dont il est membre – doit évoquer les liens étroits qui existent entre énergie et agriculture. «  Si l’on n’adopte pas une trajectoire assez ambitieuse de réduction d’énergie, on contraindra l’agriculture au risque de l’étouffer. Produire en France avec des modalités beaucoup moins émettrices de gaz à effet de serre est un vrai bénéfice pour l’économie nationale et l’environnement national et global. » Et de rappeler que la bio est porteuse d’atouts non négligeables pour réduire notre consommation d’énergie qui représente près de 70 milliards d’euros : « En agriculture, les intrants et les engrais sont d’importants postes de consommation économique et énergétique. Le rapprochement des sites de production avec les lieux de consommation est aussi un gisement d’économies d’énergie et de gaz à effet de serre. »

L’ingénieur agronome Claude Aubert, spécialiste de l’agriculture biologique, conclut cette rencontre : « Tout le monde s’accorde sur l’impact environnemental  d’une agriculture à forts intrants, mais il est capital de mieux communiquer sur l’impact sanitaire négatif des pesticides qui est encore remis en question. L’agriculture biologique n’est peut-être pas la seule réponse à la crise agricole actuelle, mais c’est un modèle qui a fait ses preuves. »

Dans les prochains mois, les thématiques qui seront explorées par ce club « Objectif bio » mettront en valeur les « externalités positives » de la bio comme la création d’emplois dans les territoires (cf. la différence entre les 3,5% des exploitations agricoles en bio et les 7% de la main d’œuvre agricole en bio au niveau national) ; la protection des ressources environnementales (eau, air, sol) leviers pour l’action publique; les innovations techniques et leur transfert aux autres agricultures… A chaque fois, il s’agira de partir d’exemples territoriaux concrets qui mobilisent des élus dans le cadre d’actions publiques transversales (agriculture, environnement, alimentation, territoire, économie).

Prochain événement : colloque du 12 novembre 2013 après-midi au Sénat sous le patronage du Président du Sénat, Jean-Pierre Bel, sur le thème de la création d’emplois et d’activité économiques par l’agriculture biologique et ses filières. Avec la participation d’agriculteurs bio et d’entrepreneurs bio des territoires.

Contact : contact@objectifbio.fr

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