« La face bio de la République » à l’Assemblée nationale

Le 3 février 2015, le club parlementaire Objectif Bio s’est réuni à l’Assemblée nationale à l’occasion de la projection du film de Thierry DEROCLES La face bio de la République. Cet événement était à l’invitation de députés de tous les groupes parlementaires. L’occasion d’un débat riche sur les enjeux du développement de la bio dans notre pays au service de territoires ruraux revitalisés.

Extraits des débats (et vidéos) sur notre chaîne YouTube.

http://www.assemblee-nationale.fr/14/tribun/photos/607553.jpgDominique POTIER, député de Meurthe-et-Moselle : « Le développement de la bio et de l’agroécologie réside selon moi dans trois points-clés : premièrement, la politique de régulation du foncier ne doit pas laisser la terre aux financiers mais à ceux qui la travaillent; deuxièmement considérer que les saines économie sont des économies régulées dans l’ agroalimentaire notamment; et troisième point, la gestion des primes PAC comme levier de l’agroécologie. Si de nouvelles orientations ont été prises en 2013 l’enjeu se situe en véritablement en 2020. »

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Brigitte ALLAINBrigitte ALLAIN, députée de Dordogne : « Lorsque les collectivités locales s’impliquent pour assurer par exemple la restauration collective, ça implique forcément les élus dans l’installation, l’acquisition du foncier, ça suppose de repenser collectivement les choix de production et d’être initiateur dans le cadre d’une animation de territoire ; aujourd’hui il n’y a plus que des techniciens agricoles or il faut des agents de développement pour accompagner au changement les agriculteurs, les consommateurs et les collectivités locales. »

Consulter l’intervention de Brigitte ALLAIN

http://www.andrechassaigne.org/IMG/arton3204.jpgAndré CHASSAIGNE, député du Puy-de-Dôme : « J’ai vécu une expérience personnelle de maire d’un village de 500 habitants, nous avons créé un atelier de découpe de viande bio, on avait imaginé un commerce en vente directe, ça n’a pas marché, la vente en caissettes oui ; donc la conversion ce n’est pas seulement l’affaire de l’agriculteur mais aussi des consommateurs. Quelqu’un dans le film dit il ne faut pas être dans le choc des cultures, oui il y a une forme de construction qui se fait par la pédagogie et non pas par l’affrontement. J’ai trouvé aussi très bien la transversalité de la bio, pas seulement l’acte de produire et de consommer mais aussi en termes de philosophie de vie, d’éthique, les relations humaines et sociales, etc. »

http://www.assemblee-nationale.fr/14/tribun/photos/607155.jpgYves DANIEL, député de Loire-Atlantique : « Si on veut que les choses changent, il faut situer le concept d’agriculture biologique dans une démarche de développement durable, la situer dans une vision plus globale qui prend bien en compte le social, l’écologie et l’économie, éviter de prendre qu’une seule entrée, celle qui pourrait opposer la perception des choses entre l’économique et l’environnemental, sur le terrain on vit un manque de prise de la question de l’agriculture dans les politiques publiques de nos collectivités locales, par exemple quand on parle de zone d’activité économique, on ne met jamais l’activité agricole alors qu’elle est la plus grande zone d’activité de nos territoires ruraux, le monde agricole doit arrêter le corporatisme, c’est un sujet de société. »

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http://www.assemblee-nationale.fr/14/tribun/photos/608292.jpgJeanine DUBIÉ, députée des Hautes-Pyrénnées : « Beaucoup d’exploitations se sont tournées vers la bio et les circuits courts, ça participe de la même chose, manger mieux, respecter l’environnement et opérer un profond changement dans les modes de consommation, garder de la valeur ajoutée sur leur exploitation, de la qualité à un meilleur prix pour mieux vivre dans leur territoire. On a mis en place une plate forme de commercialisation dans les hautes Pyrénées pour rendre possible, en tant que collectivité de milieu rural, la structuration des agriculteurs, un enjeu important pour des zones d’élevage qui appellent des investissements pour la vente directe. C’est en ça que ça devient un véritable projet de territoire, une démarche sociale puisque le client, l’habitant du territoire se tourne vers ce mode de consommation, un travail d’information notamment sur les sujets de la commande publique, des efforts à faire pour que ces produits là soient davantage accessibles. La façon pour que nos territoires ruraux résistent à la désertification, une chance pour nos territoires, les collectivités locales ont un rôle à jouer dans le champ de l’intercommunalité, du département, de la commune avec un pilotage régionale espérant que les départements puissent continuer leur travail à l’avenir. »

Consulter l’intervention de Jeanine DUBIÉ

http://www.assemblee-nationale.fr/14/tribun/photos/607187.jpgMonique RABIN, députée de Loire-Atlantique : « Le recentrage local est indispensable dans un monde globalisé, où les gens peuvent se sentir mal. Dans ce contexte, connaître son producteur oui, bien sûr, c’est très important, rassurant. Par ailleurs, j’ai été élue maire, dans une communauté de communes où l’agriculture n’était pas considérée comme une activité économique à part entière ! C’est toujours pour moi un combat auquel j’aimerais associer les citoyens. En effet, alors que l’on parle beaucoup des dotations de l’État aux collectivités locales, il conviendrait de réfléchir à d’autres indicateurs que le seul nombre d’élèves, des km de voirie, etc. Comment voulez-vous que les élus se mobilisent sur des pratiques nouvelles, sur la sauvegarde des terres agricoles alors qu’une zone commerciale va lui rapporter des financements (toutes sortes de taxes locales). Le sujet de la contrepartie à la préservation et à la valorisation des terres agricoles est central. Dans mon cas, on nous disait c’est formidable vous avez encore 75 exploitations sur votre commune : oui, mais à quel prix ? Les municipalités doivent pouvoir financer une crèche ou une halte-garderie, sans rêver à tout prix d’une zone d’activités « qui rapporte ». À nous parlementaires d’inventer de nouveaux modes de financement des collectivités locales il y aura des répercussions immédiates sur la problématique agricole bio. »

Consulter l’intervention de Monique RABIN

Brigitte ALLAINBrigitte ALLAIN : « Il y a des choses intéressantes dans cette loi d’orientation (LAAF), mais une transition ça ne se décrète pas, ça prendra du temps, il faut emmener positivement els agriculteurs vers l’agroécologie dont la manière la plus aboutie est la bio. De plus, une vraie loi fiscale serait nécessaire pour que les collectivités locales diversifient leurs moyens de financement et qu’elles ne tuent pas leurs meilleures recettes des entreprises et de l’activité commerciale. Ce film montre que la transition écologique est possible et que c’est un défi pour tous. »

Consulter l’intervention de Brigitte ALLAIN

http://www.assemblee-nationale.fr/14/tribun/photos/607553.jpgDominique POTIER (conclusion) : « Les Projets Alimentaires territoriaux peuvent être aussi importants que les Groupements d’intérêts économiques et environnementaux dans la loi d’avenir agricole, il faut qu’on accueille ce mouvement qui vient aussi de la société civile et des collectivités locales au-delà de l’impulsion de la loi. Nous avons aussi besoin d’un récit républicain, national, savoir où va la France dans le monde. Il est encore temps aujourd’hui d’incarner l’élan du 11 janvier dans des contenus solides. La nourriture serait un formidable vecteur d’un récit inclusif et républicain pour notre pays. Alors que 97 % de nos budgets de santé sont investis dans le curatif, nous devinons l’opportunité d’investir dans une politique de prévention. Une alimentation de « toutes les qualités » est en ce sens un excellent investissement public. Souvenons-nous du verre de lait de Mendès France ; c’était une des formes de lutte contre la pauvreté. »

Consulter la conclusion de Dominique POTIER

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